Vente en ligne des albums

De l’eau et du carbone – 5 titres – pochette 4 pages carton recyclé / sérigraphiée
5 euros
https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=9934296
————-

Disponible – 13 titres – boitier cristal – livret 8 page imprimé
8 euros
https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=8021281
————-
De l’eau et du carbone + Disponible
13 euros
https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=9934352
————–
3 euros de frais de port à ajouter pour chaque commande.
Envoi dans la semaine une fois le paiement effectué.
Tremplin Cargö
Pour donner un coup de pouce à Dario pour le tremplin du Cargö (Caen) :
http://lecargo.fr/scene_regionale/index.php
Nouveau prix pour l’album Disponible
A l’occasion de la sortie du EP De l’eau et du carbone, on casse les prix.
L’album est à 8 euros (+ 3 euros de frais de port)
https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=8021281
Livraison dans la semaine une fois le paiement effectué.
Manger un clown
Moi, pourtant si sage, j’ai mangé un clown
Il reste du maquillage sur le coin de ma bouche
Planté devant la glace, calme, j’attends que se forge
Le goût de son sourire dans le fond de ma gorge.
Quand je sens que me monte sa fièvre comique
Mon visage s’illumine de drôles mimiques
Je le laisse m’envahir et je prends la tangente
Vous offrant à plaisir ses humeurs changeantes.
Observez, c’est troublant
La douceur du clown blanc
Céder enfin sa place à un Auguste vandale
Et si ça ne vous plait pas, j’m’en fous pas mal
J’ai l’impression de te plaire, quand je deviens ce clown
Et devine un sourire dans le pli de ta joue
Je te vois hésiter, tenue à la lisière
Et t’imagine passer lentement la barrière
T’approcher tout doucement,
T’inventer des sentiments
Il y a toujours de la place dans mon carnaval
Mais que tu viennes ou pas, j’m’en fous pas mal
Fais danser le clown une ronde facile
Prends sa main dans la tienne pour le rendre docile
Puis fais de lui ce que tu veux ce soir c’est moi qui régale
Ce qui se passe, au fond, j’m’en fous pas mal
Comme un ver
Dans une forêt noire et blanche du givre s’est déposé sur mes hanches, j’ai du dormir un peu, j’ai du me perdre il fait froid et il pleut. Je suis vivant et je marche sans tête, nu et beau comme un ver, innocent et visqueux, et j’avance. L’envie de chaire se fait tendre, reste à attendre et se taire, se terrer sans un bruit guettant les mouvements de la nuit. Je suis vivant et je râle sans tête comme brame le cerf.
A l’affut, presque béat, mon corps étalé sur le sol, je sens la terre qui frissonne sous le craquement sec d’un pas. Je suis vivant et c’est toi que je guette, insouciante, sincère, esseulée, condamnée et pourtant : n’ais pas peur de ma caresse, laisses là, elle cherche la source fraiche de la chaleur de ton sang. Je suis vivant car je vole cette sève, insatiable et distant.
De l’eau et du carbone. Du carbone et de l’eau.
Voudrais-tu, du bout du doigt, toucher mes plaies devenues sèches, toi qui voulais te salir sens-tu la saveur de ce jour décadent ? Je suis vivant, regarde je danse sans tête, nu et beau comme un ver insolent, déterminé et absent.
Je caressais le vain espoir que ton corps apaise ma faim, que ton sang comble mon manque enfin, mais en mon sein s’éveille cet ulcère rare. Je suis vivant et dedans ma tête il y a des milliers de vers qui se mélangent et me démangent les yeux, et me rongent les os dans une étreinte infantile, exigeants, sans gène. Dans le berceau de mes rêves reptiles je suis vivant et j’enrage sans tête, nu et beau comme un ver.
Dans cette forêt noire et blanche mon corps fardé se retient aux branches et la nausée de mes vertiges s’écoule rance en un filet continu. Je suis vivant et je marche sans tête, nu et beau comme un ver, désinvolte, furieux, têtu. L’envie de chaire se fait tendre, reste à attendre et se taire, se terrer sans un bruit, guetter les mouvements de la nuit puis se lever déambuler en quête de nouvelle viscères.
De l’eau et du carbone. Du carbone et de l’eau.
Miasmo
C’est l’histoire d’un petit poisson qui trouve une nouvelle maison : un baril jeté d’un cargo d’où sort un liquide fluo. Curieux et n’ayant peur de rien il entre dedans et devient Miasmo, le petit poisson radioactif et attractif.
Génétiquement modifié par un étrange procédé, il peut dès que l’envie le prend se changer en monstre gluant et donner selon ses caprices une nouvelle forme de justice. Miasmo, le monstre marin radioactif et agressif.
Et si sous l’eau le jour ressemble un peu plus à la nuit c’est sur des pattes de velours qu’il s’ennuie. Il rêve de terres incandescentes que le soleil tanne. Il espère sans doute voir les rues de Manhattan.
Super héro de l’océan, chevalier preux et dégoutant, il gobe sans fierté excessive les bateaux de pèche intensive et mange en guise de dessert un gros sous-marin nucléaire. Miasmo, le monstre marin radioactif et dissuasif.
Cassandra
Avant même son générique le film s’ouvre sur une sorte de poursuite au milieu d’un désert de pierre. Il y a un homme là, seul, debout, blessé, exténué. Il titube pour avancer coûte que coûte mais on voit bien qu’il est en bout de course. Sur ses talons il y a une bande de sales types qui se marrent en le regardant essayer de s’échapper. Il est cerné.
Le chef des sales types arme un fusil et en gros plan on remarque sur son visage une cicatrice encore fraiche. Il prend tout son temps pour bien viser. Puis dans sa ligne de mire on voit l’homme du début qui se fige et qui tombe.
Alors on revient sur lui. On s’approche lentement, toujours plus près, jusqu’à ce que l’on soit capable d’entendre dans ses derniers souffles, comme une excuse, le murmure d’un prénom. Celui de celle qu’il a trahit : Cassandra.
Ambiance tamisée et lumières bleues. On est maintenant dans un rade de seconde zone où l’on sert le whisky à la bouteille. Des mecs mal rasés matent ce qui se passe sur une scène vaguement éclairée par un spot froid. Ici rien d’exceptionnel à part cette serveuse qui s’approche de nous. Tout de suite, à sa gueule de star, on sait qu’avec elle tout ira bien et que même si le film s’acharne sur elle pendant une heure et demie elle restera belle. Impeccable. Au micro, le patron appelle Cassandra sur la scène, c’est elle. Son vrai nom c’est Cindy, mais on a fini par la rebaptiser Cassandra parce qu’elle passe son temps à dire « Je vous l’avais bien dis mais personne ne m’écoute jamais ».
Elle monte sur scène pour chanter ses chansons et balaye du regard le public. Au fond de la salle un homme en uniforme l’applaudie très fort puis s’allume un cigare. Au milieu de la fumée acre et à la lueur de son briquet on reconnaît sa cicatrice.
Là elle a un pressentiment mais ne panique pas encore. Ca monte vraiment quand elle se rend compte que toutes les sorties possibles sont bloquées. Elle respire tranquillement et va commencer son numéro mais l’homme se lève en tirant un coup de feu en l’air et tout s’arrête.
Il vient vers elle et la frappe avec sa crosse. Aussitôt quatre – cinq mecs sont sur elle pour la choper. Ils la trainent vers la sortie, la jettent dans un coffre et démarrent. Elle reprend peu à peu connaissance dans la pénombre et donne des grands coups de lattes sur les parois.
La voiture continue d’avancer à travers le désert dégelasse. D’abord sur une route, puis sur des petits chemins chaotiques. Cassandra valdingue d’un côté à l’autre du coffre. Quand la voiture s’arrête et qu’on la sort elle est à moitié sonnée. On la ligote. Ils veulent savoir ce qu’elle sait sur le hold-up, mais elle leur dit que leur hold-up tout le monde s’en fout ; qu’il faut qu’ils s’en aillent d’ici tout de suite.
Elle essaie de leur dire un truc, de les prévenir, de les sauver ; comme d’habitude personne ne l’écoute, personne ne la prend au sérieux. Mais elle continue quand même d’essayer. Elle parle de plus en plus fort et fini par hurler. « Il va se passer quelque chose d’horrible ici, partez pendant qu’il en est encore temps et pitié, pitié, emmener moi avec vous ».
Eux, en l’écoutant, ils ricanent, à croire qu’ils ne savent faire que ça ; ils ricanent et ne voient pas que derrière eux une ombre blanche se glisse dans la nuit. Un silence de plomb tombe sur la scène et soudain il est percé par le cri strident du monstre gigantesque et vif qui fond sur eux. Ils ont à peine le temps de penser à courir qu’il les chope tous d’un coup de patte, leur broie le torse et leur perfore le crâne.
Les regards du monstre et de Cassandra se croisent. Elle reste pétrifiée un court instant puis s’enfui.
Elle dévale une colline et se laisse entraîner par la pente en semant derrière elle un large nuage de poussière. Elle va de plus en plus vite jusqu’à perdre le contrôle de sa course, trébucher et chuter.
Cassandra roule sur elle-même en direction du ravin mais juste avant qu’elle ne tombe, l’horrible bête la rattrape et la hisse lentement vers sa gueule. Elle observe attentivement à la lueur de la lune son corps meurtri et dépenaillé.
Avec l’une de ses pattes moites et ciselées, elle lui caresse les cheveux pour la réveiller. Et quand Cassandra reprend ses esprits leurs regards se croisent une nouvelle fois mais désormais il n’y a plus d’angoisse sur son visage. Elle ne cherche plus à s’enfuir.
Sereine elle voit la beauté du monstre se dessiner par dessus ses traits abjects et s’abandonne enfin à sa tendresse. Et leur étreinte étrange dégage une chaleur rassurante ; celle d’un monde nouveau où la vie reprend son souffle. Jusqu’à l’aube, jusqu’à l’épuisement, dans des mouvements sensuels incompréhensibles, ils réinventent l’amour et l’extase ; et si dans les contes de fées c’est la grenouille qui se transforme en prince charmant cette fois c’est elle, la princesse du désert, qui se métamorphose. Dans la nuit son corps évolue pour la rendre monstrueusement belle.
Néanmoins, quand le jour se lève, Cassandra se retrouve dans son lit sous sa forme humaine et l’on reconnaît à ses côtés l’homme que l’on a vu mourir dans la première scène. Tout ce que l’on nous a montré jusqu’à présent n’était donc qu’une nouvelle prémonition. Mais cette fois elle n’essayera pas d’aller à l’encontre de sa prophétie. Elle l’attendra, avec délectation.
Le courage des raseurs de crânes
Crois-tu qu’ils dansent
Dans le silence de maisons froides
Ou qu’ils se donnent des baisers fades
Pour nous sembler si à l’étroit ?
Dans la prison de laquelle on ne s’évade
Qu’en déverrouillant sa mansarde
J’aime les croire couards et maladroits
En rien menaçants
Mais quand leur viendra le courage des raseurs de crânes
Aurai-je celui d’être debout derrière les barricades ?
Quand reviendra le courage des raseurs de crânes
Aurai-je celui d’être debout derrière les barricades ?
Pensaient-ils vraiment,
Que comme ses têtes qu’ils ont mises à blanc
L’on peut effacer l’horreur et le sang
Et reconstruire en repoussant ?
Mais c’est sur ce tas de boucles folles
Que l’on ramasse et qui s’envolent
Que s’est bâtit notre présent
Aussi, et pourtant
Dis, quand leur viendra le courage des raseurs de crânes
Aurai-je celui d’être debout derrière les barricades ?
Quand reviendra le courage des raseurs de crânes
Aurai-je celui d’être debout derrière les barricades ?
Je sais bien qu’il est rassurant
Quand tourne le vent
De prêter serment aux mots qui volent
Et danser une farandole
Sur le carillon du ralliement
Si parmi eux
Naissait l’idée de lyncher ceux qui nous tourmentent
Pourra-t-on défaire la déferlante
Ou nous emportera-t-elle ?
Quand leur viendra le courage des raseurs de crânes
Aurais-je celui d’être debout derrière les barricades ?
Quand reviendra le courage des raseurs de crânes
Aurais-je celui d’être debout s’il n’y a pas de barricades ?
Cache cache
Quelle est la différence entre être bien caché et complètement perdu ? Je me pose la question planqué sous un rocher où personne ne m’a vu. Si je reste là encore disons une heure une deux j’aurais sûrement gagné, mais je pourrais aussi sortir dès maintenant pour qu’ils puissent me trouver. Quelle idée de se mettre dans un coin tout paumé où ça sent le moisi. La terre sur mes genoux fait des tâches marbrées et puis j’ai des fourmis. Pour faire passer le temps je m’entraîne à compter au moins jusqu’à cent. Car si je gagne je m’y colle et là faut assurer, ne pas perdre de temps pour chercher.
Je suis caché dans ma cachette où tu tâcheras de me trouver : c’est comme si c’était un cachot et que tu étais mon geôlier. Je suis planqué dans ma planquette et en passant tu m’as manqué, mais comme tu es là à me chercher je me sens presque libéré.
Album : Disponible (2008) – Texte Etienne Jardin / Musique Dario
